Les femmes transporteuses, le fléau du Sud Kivu

Une triste spécificité au Sud-Kivu, la profession de femme-transporteuse. Les conditions économiques sont extrêmement difficiles dans cette province à la frontière du Rwanda, où le taux de pauvreté est estimé à 85%.

À cela, plusieurs raisons qui se sont additionnées pour contribuer à ce bilan. L’infrastructure routière est dans un état de délabrement avancé, nuisant au développement de l’activité économique : sur plus de 4000km de routes, à peine 20% sont bitumées, et souvent creusées de nids de poules. Le manque d’entretien est dû au désengagement de l’état, amplifié par la guerre qui s’est achevée 2003, causant la mort de près de 5,000,000 de personnes.


Ce conflit et les pillages concomitants ont causé la ruine d’une industrie qui est devenue inexistante, l’économie repose maintenant essentiellement sur une agriculture informelle (7 emplois sur 10) pratiquée sur de petites étendues, utilisant des outils rudimentaires, des semences non améliorées, des techniques obsolètes. Elle fournit un revenu insuffisant. Du fait de la pauvreté qui en découle, les femmes se tournent vers les quelques activités à leur portée, dont le transport de marchandises.

Sur de longues distances, pendant des heures, jeunes ou âgées, même enceintes, elles transportent des charges impressionnantes (parfois plus de 100kg) accrochées à leur tête par des sangles. Produits agricoles, matériaux de construction, eau, charbon de bois, cette solution est préférée aux autres moyens, notamment parce que c’est la tradition. Elles ne se sont pas beaucoup exprimées, mais ne se plaignent pas : leur salaire, même faible (entre 0.5 et 0.7 dollars par jour) est indispensable à l’alimentation de leur famille, à la scolarisation (payante) de leurs enfants, et il leur confère une forme d’indépendance.


Peu de solutions à ce scandale : des routes en meilleur état pour permettre des transports mécanisés, un environnement propice au développement économique, l’éducation gratuite ? Mais qu’attendre d’un état absent, qui ne paie plus ses fonctionnaires depuis 11 mois ? Pendant ce temps, des milliers de ces femmes courageuses continuent d’arpenter les chemins de la province.

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